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Document crée le 1 mai 07
Air & Space Power Journal en français - Été 2007


Air & Space Power Journal

Points de vue


Note de l’éditeur : Points de vue est aussi un moyen pour un pilote (soldat) de transmettre une information d’actualité, et potentiellement utile, à d’autres pilotes (soldats). Nous avons l’intention d’utiliser ce service pour informer les lecteurs des sujets intéressants relatifs à la force aérienne et spatiale et aux forces armées en général.

L’Irak écartelé entre deux formes de terrorisme

par le général de brigade d’état major Qaa’id Kerish Mashthoob Al-Khuzaa’i, armée de l’air irakienne*

L’Irak écartelé entre deux formes de terrorisme

Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux

Le coup d’état qui a conduit le parti Baas au pouvoir en Irak, le 17 juillet 1968, a ouvert une nouvelle page de l’histoire du pays. Les caractéristiques de cette période sanglante sont devenues claires quand certains membres du parti se sont abattus sur les autres, à peine treize jours plus tard. Tous les Irakiens dont les opinions différaient des Baasistes ont été liquidés. Les assassinats ne se sont pas arrêtés aux opposants du pouvoir en place, mais ont également touché les membres de leurs familles, jusqu’au sixième degré de parenté. Nadhim Gzar a dirigé les massacres perpétrés par ses forces générales de sécurité, tueries suivies par l’exécution des espions présumés et par l’extermination systématique de tous les opposants au régime. En résumé, Saddam Hussein a pris le commandement effectif de l’Etat en 1979, après avoir exercé un véritable pouvoir et une forte influence pendant le mandat de son prédécesseur, le général Ahmed Hassan Al-Bakr.

Dès sa nomination officielle en tant que président, Saddam a rapidement ordonné l’exécution des camarades qui avaient simplement murmuré leur opposition aux méthodes qu’il avait utilisées pour prendre le contrôle. Quelques mois plus tard, il plongeait le pays dans une guerre contre l’Iran, et alors que les plaies causées par ce conflit se fermaient à peine, Saddam entraînait l’Irak dans la guerre contre le Koweït. Je ne parlerai même pas des massacres des Chiites et des Kurdes lors de l’insurrection populaire de 1991 postérieure à la première guerre du Golfe, ni des assassinats de tous ceux qui semblaient s’opposer au régime, de quelque manière que ce soit. Des générations de bandits ont grandi en commettant ces massacres, en violant les droits de l’homme et en tuant la liberté. En réalité, l’Etat a mené un terrorisme essentiellement contre son propre peuple, puis contre les nations voisines et finalement contre l’humanité entière.

Je ne souhaite pas formuler d’accusations contre les nombreux pays qui ont renforcé le régime de Saddam dans la mise en œuvre de ce terrorisme. Mais, il est vrai que la France et la Russie lui ont apporté un soutien très fort en lui fournissant armes et équipements modernes. Elles ont bradé à bas prix leur humanité en vendant ces matériels à l’Irak. Je ne souhaite pas non plus écrire l’histoire sanglante de Saddam Hussein qui nécessiterait de très longs récits. Mais, j’aimerais relier le terrorisme pratiqué par Saddam et sa clique baasiste à ce que ces mêmes personnes ont fait subir au peuple irakien, depuis que les forces de coalition menées par les Etats-Unis ont renversé le régime de Saddam.

C’est à ce moment que les Baasistes trouillards, croyant que le peuple irakien allait littéralement les supprimer, ont fui vers leurs repaires – certains d’entre eux vers d’autres pays arabes où ils ont rejoint les mouvements terroristes qu’ils y ont trouvé. Grâce à la longue tradition de clémence propre au peuple irakien, les Baasistes n’ont pas été poursuivis, mais laissés aux mains de la justice et de l’autorité. Toutefois, ces instances, y compris le conseil gouvernemental et les autres organes, se sont révélées faibles et n’ont pas nettement et fermement tenu ces criminels pour responsables de leurs exactions. Par conséquent, ces trouillards ont échappé au châtiment. Ceux qui n’ont pas subi le courroux de l’aigle sont devenus insolents et se sont vengés contre le peuple irakien en faisant exploser des voitures chargées d’explosifs et en assassinant d’honorables membres de notre grande nation, en justifiant ce carnage au nom de la résistance.

Les corbeaux du mal ont hurlé à leur visage et les prétendus hommes de foi (les Imams du blasphème), que ce soit en Irak, en Jordanie, en Arabie saoudite, en Afghanistan ou ailleurs, ont incité les Irakiens et les autres à commettre des actes terroristes et les pires crimes qui soient tels que des massacres d’enfants, de femmes et d’hommes et des explosions aveugles dans les rues et sur les marchés du pays. Quelquefois, ils ont justifié leurs crimes en prétendant qu’ils visaient les Chiites ou les fonctionnaires du gouvernement – en plus de toutes les autres justifications infondées. Parce qu’ils ont complètement perdu la raison, ils ont lancé des attaques terroristes indescriptibles, indéfinissables et plus odieuses encore que tout autre crime ou acte de discrimination. Je me demande pourquoi cette nation est destinée à être toujours victime des intimidations et des meurtres commis par les Baasistes, autrefois comme maintenant.

Malheureusement, d’autres nations arabes et islamiques ont hésité à condamner ces actes de terrorisme vicieux. Pire encore, certains pays arabes ont scandaleusement aidé et soutenu le terrorisme en Irak. Les Imams provoquent leurs adeptes, comme si la religion était désormais centrée autour de Saddam et du parti Baas, en dépit des punitions et des humiliations sévères qu’il a fait subir à tous les Arabes. En outre, des superpuissances, telles que la France et la Russie, ont gardé le silence face à ces assassinats, sans prononcer le moindre mot de condamnation. A croire qu’elles souhaitaient le retour d’un Saddam et le rétablissement de leur relation confortable qui a permis au tyran de commettre des crimes contre l’humanité.

Beaucoup estiment que les Etats-Unis ont envahi l’Irak. Selon moi, c’est pour libérer mon pays du régime d’un tyran et de ses complices qu’ils sont venus. En fait, Saddam a permis l’arrivée des Américains en Irak, en raillant toutes les valeurs humaines et les relations sociales et en affichant un mépris à l’égard de son peuple ainsi qu’envers les autres nations du monde. Il a imaginé que personne ne lui barrerait la route. C’était oublier le pouvoir de Dieu qui a armé le courage des Américains venus libérer l’Irak, après le décès de tant de leurs compatriotes lors des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Après la chute du régime de Saddam, nous avons pu constater l’importance du lien qui existe entre Al-Qaeda et lui, révélé par l’envoi en Irak d’Abu Musab al-Zarqawi et les opérations terroristes menées dans le pays après la libération. La meilleure justification à la libération de l’Irak n’est pas la possession par Saddam d’armes de destruction massive – même s’il n’aurait sans doute pas hésité à s’en servir pour détruire la race humaine, s’il en avait eues et si les Etats-Unis n’avaient pas exercé une pression constante sur son régime. En fait, la meilleure raison de libérer l’Irak repose sur l’orientation terroriste du régime de Saddam à tous les niveaux, intérieur comme extérieur, et sur sa détermination à obtenir des armes de destruction massive par tous les moyens possibles.

Pour le dire simplement, l’Irak continue à vivre écartelé entre deux formes de terrorisme, celui du régime de Saddam d’avant la libération et le terrorisme actuel, conséquence directe de la destruction du régime irakien et de l’assassinat de son peuple. En effet, de nombreux Irakiens n’ont toujours pas retrouvé les membres de leurs familles, y compris dans les fosses communes. Par ailleurs, la nation pâtit de la destruction de ses infrastructures et le retard économique empoisonne le peuple irakien.

Ô peuple d’Irak, que tes foules se rassemblent dans l’unité de Dieu. Tous ceux qui ont eu assez de patience pour supporter la tyrannie et le terrorisme ont appris davantage de cette expérience que les montagnes ou les chameaux ne pourront jamais endurer. Continue à avancer sur le chemin de la patience, de la liberté et de la démocratie bâtie par tes fils généreux. Que Dieu puisse te protéger, ainsi que tous tes amis et tes honorables frères. Que ton unité ne soit pas mise à mal par les appels au mensonge et à la calomnie. Résiste contre les vents du racisme et du sectarisme levés par les malicieux et les vils surgis de la fange de l’histoire. Depuis toujours, tu es un peuple civilisé et doté de lois, une source de lumière étincelante pour le monde entier. C’est de ta terre qu’est né le premier code juridique. Ô mon pays, je te salue et je vis en ton sein et dans ton étreinte. Que Dieu puisse te protéger des actes déloyaux des rancuniers et des arriérés.


*Les membres de la famille du général Al-Khuzaa’i ont pris part au soulèvement de 1991 contre Saddam et ont payé un lourd tribut. Son cousin, le capitaine Imad du corps des ingénieurs a été tué par la garde spéciale républicaine. Le plus jeune frère du général Al-Khuzaa’I, Ra’id, a été exécuté à l’âge de 16 ans. Son cousin Firas a subi le même sort à l’âge de 20 ans et son corps n’a jamais été retrouvé. Son oncle Muhsin a, lui aussi, été assassiné. Le général, lui-même, a été démis de ses fonctions militaires en raison de ses opinions politiques et placé sous surveillance. Il a subi les persécutions du régime de Saddam et a été, à de nombreuses reprises, interrogé par les services de sécurité et de renseignements. Alors qu’il enseignait à l’université militaire Al-Bakr, il a constitué un groupe de dissidents formés d’élèves officiers et de professeurs de l’école militaire.


Collaborateur

Général de brigade d’état major Qaa’id Kerish Mashthoob Al-Khuzaa’i, armée de l’air irakienne

Général de brigade d’état major Qaa’id Kerish Mashthoob Al-Khuzaa’i, armée de l’air irakienne, dirige les opérations aériennes dans le commandement de l’armée de l’air irakienne. Après avoir réussi, en 1978, ses études à l’Académie de l’armée de l’air irakienne à Bagdad, il obtient son diplôme d’instructeur de vol en 1985. Il poursuit son parcours académique et professionnel en vue d’obtenir un diplôme de l’académie d’état major en 1989 et une licence en droit en 2003. Il suit une formation à l’Institut d’études stratégiques de l’école supérieure de guerre de l’armée américaine, à Washington DC. Au cours de sa carrière professionnelle, il a enseigné à l’université militaire d’Al-Bakr, servi en tant que lieutenant colonel et occupé pendant huit ans diverses positions de commandement. En 1999, il est démis de ses fonctions militaires pour des raisons politiques. C’est en 2003, après la libération de l’Irak, qu’il reprend du service dans l’armée en tant qu’adjoint au commandant de la direction de la sécurité publique de la province d’Al-Diwanya, œuvrant avec le corps des marines américains au maintien de la paix et de l’ordre civils. Depuis lors, il occupe son poste actuel au sein de l’armée de l’air.


Les points de vue et les opinions exprimés ou implicites dans cette revue sont ceux des auteurs et ne devraient pas être interprétés comme portant la sanction officielle du département de la défense, de larmée de lair, du commandement de léducation et de la formation des forces aériennes, de lAir University, ou dautres agences ou départements du gouvernement des Etats-Unis.

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