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Document crée le 1 mai 07
Air
& Space Power Journal en français - Été 2007
Comment contrer une tactique stratégique
par le colonel Lawrence M. Martin Jr., USAF
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Résumé de l’éditeur : La capacité des Etats-Unis de fournir une force de frappe aérienne à la zone du détroit de Formose pèse sur les décisions de stratégie et décourage le conflit potentiel. L’auteur suggère que les Etats-Unis utilisent tous les instruments du pouvoir national selon la stratégie prônée par Sun-Tzu pour s’assurer l’accès permanent aux bases de la région. Une telle stratégie devrait prévenir le conflit ; à ceci près que l’armée de l’air américaine serait en position de devoir apporter son aide pour arriver au résultat voulu en cas de conflit. |
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Le problème taiwanais est un point chaud du Pacifique occidental. La République Populaire de Chine (RPC) prétend exercer sa pleine souveraineté sur Taiwan et a promis d’utiliser la force si les moyens pacifiques échouaient pour dissuader Taiwan de revendiquer son indépendance. Pendant ce temps, Taiwan a vu croître le nombre de ses forces pro-indépendantistes de façon significative au cours de ces dernières années. La position ouvertement pro-indépendantiste de l’actuel parti au pouvoir à Taiwan est un défi à la RPC. Bien que les tensions trans-détroit aient monté puis soient redescendues, le risque de conflit demeure élevé. Les Etats-Unis sont impliqués dans cette situation depuis le départ, il y a plus de 50 ans, et continuent de se consacrer tant à la défense de Taiwan qu’à la recherche d’une solution pacifique respectant le Taiwan Relations Act de 1979.
C’est par tous les moyens que la RPC veut prendre Taiwan entière et intacte. A cette fin, elle suit les enseignements de Sun-Tzu pour vaincre sans livrer bataille, faisant entrer en jeu tous les éléments de son pouvoir national. Les leaders chinois estiment qu’une éventuelle intervention américaine dans le conflit sur le détroit de Formose reposera sur une force interarmées des forces navales et aériennes. En substance, la RPC a commencé à délimiter l’éventuel terrain de bataille en utilisant des moyens militaires, économiques et diplomatiques.1 Bien que la force grandissante de l’armée populaire de libération – APL (People’s Liberation Army – PLA) ait capté l’attention de nombreux observateurs, cette force demeurera, au mieux, un pouvoir régional dans le futur immédiat. En fait, sa force croissante pourrait bien plus correspondre à une ruse qu’à une menace essentielle face à cette situation. Les responsables politiques américains ne devraient ni sous-estimer ni ignorer cette force grandissante de l’APL. Pour autant, la Chine, dans le court terme, compensera la force limitée de son armée en mettant en oeuvre une stratégie où elle utilisera son pouvoir économique grandissant et une pression diplomatique prudente sur les pays du Pacifique occidental pour limiter la capacité des Etats-Unis à déployer et utiliser leur force de frappe aérienne pour défendre Taiwan. Suivant l’axiome de Sun Tzu, la tactique dissymétrique de la RPC pourrait soumettre la force aérienne américaine sans combat, paralysant les possibles stratégies de Taiwan.2 Ironie du sort, les Etats-Unis ont vu dans l’essor économique de la RPC et sa récente diplomatie (plus bienveillante) des indicateurs importants et positifs, porteurs d’espoir de réformes économiques et démocratiques à venir en RPC. D’où, toute réaction crédible et efficace américaine à ces initiatives de la RPC doit entretenir la relation actuelle de cordialité avec Pékin, et encourager les réformes économiques chinoises et une gouvernance plus transparente tout en conservant des options militaires qui garantiront à Taiwan son économie de marché et sa solide démocratie déjà en place.
Comme le souligne le rapport de 2004 du Pentagone « sur la stratégie militaire actuelle et future de la République Populaire de Chine »,3 les responsables politiques américains se sont focalisés sur la croissance de l’APL. Sans doute les options militaires de la RPC (plus particulièrement celles concernant une éventuelle confrontation dans le détroit de Formose) se sont-elles largement améliorées en matière de force de frappe. Du fait que la RPC met la croissance de sa puissance économique au service de ses améliorations militaires, la menace prendra corps lorsque les forces armées inexpérimentées de la Chine se combineront avec d’autres organes du pouvoir national pour s’assurer la domination de la région. Pendant que le monde a assisté avec stupéfaction à la croissance militaire chinoise, le pouvoir économique et diplomatique de la RPC a façonné la région du Pacifique occidental.
L’armée de l’air de cette nation est à mi-parcours d’une phase transition où les unités massives basées sur la technologie des années 1960 évoluent vers des unités plus petites et plus performantes.4 Bien que les capacités de l’armée de l’air de l’APL (People’s Liberation Army – PLAAF) et de l’armée aéronavale de l’APL (PLA Naval Air Force – PLANAF) aient pour objectif traditionnel la défense de l’espace aérien, les programmes d’acquisition et de développement se sont tournés vers une armée de puissance de projection. Les nouveaux avions de combat J-10 (Jian-10), J-11 (Jian-11/Su-27SK), et le Su-30MKK (une variante à deux places du Su-27) ont chacun augmenté leur portée et accru leur capacité d’emporter des armes air/terre et air/mer. Toujours pour augmenter ses capacités, la RPC s’est lancée dans l’acquisition de plates-formes multi-armes accueillant des systèmes d’alerte et de contrôle avancés aéroportés et le ravitaillement en vol tout en poursuivant sa recherche en matière de plates-formes aériennes stratégiques et en montrant de l’intérêt pour les véhicules aériens sans pilote.5 Tout bien considéré, les armées de l’air et aéronavale de l’APL cumulent les équipements d’environ 1.100 avions à moins de 325 miles nautiques de Taiwan, bien que seulement 20 pourcent peut-être de sa flotte de presque 3.600 appareils dispose de la nécessaire autonomie pour agir sur Taiwan à partir de ces bases.6
La marine de l’APL (PLA Navy – PLAN) a également amélioré ses capacités au cours des dernières années 1990. Elle poursuit l’expansion de sa force sous-marine qui compte déjà plus de 60 navires à l’origine construits sur le savoir-faire de l’ère soviétique, mais de plus en plus axée sur la construction nationale de navires classiques et nucléaires. La PLAN a modernisé sa flotte de surface en faisant l’acquisition de destroyers lance-missiles guidés de type Sovremenny conçus par les soviétiques pour renforcer sa puissance anti-navire tout en construisant ses propres destroyers de type Luhai pour produire une capacité renforcée de guerre anti-aérienne. Sa nombreuse flotte de frégates et de patrouilleurs possède une formidable capacité à engager les forces ennemies par l’utilisation de missiles anti-bâtiments de surface tels que le Styx ou le Moskit de construction russe et les missiles Exocet de construction française.7
Fait révélateur, la PLAN ne possède qu’une capacité rudimentaire à conduire des opérations d’attaque à grande échelle dans le Détroit de Formose. La PLAN possède des navires d’assaut amphibies capables de transporter ses deux brigades de marine et leur équipement, soit environ 12.000 soldats, mais guère plus. Bien que l’APL ait trois divisions aéroportées d’une dizaine de milliers de soldats chacune, son armée de l’air n’a pas la capacité de transport aérien suffisante pour déployer cette force de frappe.8 La plupart des estimations ne donne que peu de chance aux chinois d’établir les nécessaires contrôle maritime et supériorité aérienne, ni le ratio de forces au sol favorable que requièrent la réussite d’un assaut amphibie en vue de rattacher Taiwan.9
La puissante force anti-missile balistique de la RPC, la Seconde artillerie, est celle qui fournit la capacité d’offensive la plus crédible pour menacer Taiwan. Avec plus de 500 anti-missiles balistiques de courte portée basés dans la région militaire de Nanjing de l’autre côté du détroit par rapport à Taiwan, on pense que la RPC a prévu d’augmenter son arsenal d’anti-missiles balistiques de courte portée (Short-Range Ballistic Missiles –SRBM) de 60 à 70 par an.10 La Seconde artillerie demeure la meilleure capacité de la RPC pour frapper des cibles-clé telles les terrains d’aviation, les sites de défense aérienne, les bases navales, les centres de commandement et de contrôle, les infrastructures des communications, des ordinateurs et du renseignement (C4I) sans ou avec peu de signes avant-coureurs.
Dans l’utilisation de ces forces, la RPC dispose de plusieurs options difficiles si elle entend menacer Taiwan militairement. Bien que le montage d’une invasion amphibie de grande envergure « classique » demeure hors de portée de l’APL, la RPC pourrait contraindre le peuple taiwanais en lançant des attaques aériennes et par missiles dans le but d’affaiblir le pouvoir de la République de Chine (ROC) et forcer les taiwanais à des négociations de réunification.11 Un autre scénario consisterait en une attaque surprise menée par l’armée de la RPC en un coup-de-main multidimensionnel, qui débuterait avec la combinaison d’attaques nucléaire, chimique, attaques par missiles et aériennes de haute précision, et serait suivie d’assauts amphibies destinés à décapiter le gouvernement de la ROC et dérouter et démoraliser son armée et sa population.12 Un troisième scenario envisage une approche progressive de la RPC comportant une invasion échelonnée, prévoyant d’abord de s’emparer de Kinmen (Quemoy) et d’autres îles proches de la Chine continentale, se déplaçant ensuite vers les îles de P’eng-hu près de Taiwan avant de mener un assaut final plus vaste sur Taiwan proprement dite.13
Bien qu’impressionnante, le renforcement militaire de l’APL lui-même ne dote pas la RPC d’une capacité crédible au point de forcer la résolution d’un conflit Taiwanais par les seuls moyens militaires. Chacun des scénarios décrits ci-dessus demeurent plus une description du possible que du probable. La RPC peut renforcer ses options et l’efficacité de son armée inexpérimentée en neutralisant sa cible (la force aérienne américaine) sans livrer bataille.
Si une intervention militaire était demandée aux Etats-Unis, on peut s’attendre à ce que leur mission première s’accorde avec leur intérêt national, à savoir permettre une résolution pacifique de la situation. Ces efforts entraîneraient probablement l’isolation de Taiwan des attaques à suivre de la RPC pour ensuite assister l’armée de la ROC alors qu’elle se remettra de l’attaque de la RPC ou en vaincra les forces déjà implantées sur l’île. La responsabilité d’isoler et de protéger l’île d’attaques ultérieures de la RPC incombera aux forces américaines navales et aériennes. Il n’est pas probable que les forces américaines attaquent les forces de la RPC sur la Chine continentale, sauf s’il s’agissait d’assurer leur propre sécurité.14 Au plan historique, c’est sur ce mode que les forces américaines sont intervenues en vue de maîtriser les opérations d’intimidation de la RPC, pour la première fois en 1950, puis à nouveau en 1958 et, tout récemment en 1995-96.15 A chaque fois, le président américain a choisi d’envoyer des unités de combat sur porte-avion pour apaiser les eaux entre Taiwan et la RPC, séparant les deux camps pour permettre une résolution pacifique de la situation.
Pour sa défense, l’armée de Taiwan a une avance qualitative sur l’APL en de nombreux domaines, particulièrement concernant les forces navales et aériennes, mais dans l’éventualité d’une campagne longue sans intervention extérieure, l’APL pourrait submerger l’armée relativement réduite de la ROC. La ROC n’a pas encore développé la formation ni la doctrine utilisées par les Etats-Unis et ses alliés de coalition pour permettre à une armée plus petite mais supérieure qualitativement de prédominer sur une armée plus importante en nombre, plus particulièrement dans le cadre d’opérations offensives interarmées. Son armée, pour l’essentiel terrestre, est restée sur sa tradition de contre-offensive terrestre pour contrecarrer les avancées de la RPC dans sa force de frappe navale, aérienne ou de missile.16
La capacité de cœrcition des Etats-Unis dans le cadre d’un conflit potentiel entre la RPC et Taiwan dépendra de leur aptitude à déployer et utiliser à la fois les forces navales et aériennes dans des opérations prolongées dans les airs et sur les eaux au-dessus et autour de Taiwan. Ces déploiements dépendront de l’accessibilité aux bases de la région, de leur aptitude à déployer puis soutenir l’armée sur ces bases, et de la volonté (ou non) des alliés américains dans la région à soutenir et prêter leur assistance à une intervention. Ces déploiements pourraient être limités du fait d’autres engagements sur d’autres théâtres d’opérations, car les Etats-Unis doivent gérer ses capacités pour maintenir des soldats sur d’autres théâtres pendant qu’ils organisent une force de dissuasion crédible face aux opérations agressives de la RPC.
Le fondement de l’aide américaine à Taiwan demeure sa volonté et sa capacité à déployer des forces crédibles de manière opportune quand des situations s’enveniment dans le Pacifique occidental. Bien que les Etats-Unis possèdent la capacité de projection de forces la plus efficace au monde, cette capacité connaît bel et bien des limites, plus particulièrement en Asie orientale. Il faut de trois à seize jours à un transporteur de troupes de combat pour répondre à un état de crise n’importe où dans le Pacifique ; cependant, les avantages de leur aviation leur donne une capacité modérée à soutenir des opérations de combat.17 Avec peu de bases aériennes dans la région, les Etats-Unis se sont lourdement appuyés sur l’aéronavale pour soutenir l’Operation Enduring Freedom. Des avions basés sur porte-avions ont fait des sorties difficiles, souvent longues de sept à dix heures, à plus de 400 miles nautiques de leur unité de frappe. Pour accomplir ces missions longue distance et de longue durée, les avions de la navale ont dépendu de l’avion-citerne de l’armée de l’air et des services ISR (renseignement, surveillance et reconnaissance) américain pour agir en tant que multiplicateurs de forces.18 Bien que les capacités de l’aviation tactique du corps des Marines anglo-américains aient assuré 75 pourcent des sorties des forces de coalition en Afghanistan, les lourds bombardiers de l’armée de l’air américaine ont lâché plus de 70 pourcent du poids des munitions de la coalition.19
Contrairement aux opérations Desert Storm, Noble Anvil et Iraqi Freedom, où l’aviation de coalition sous commandement américain a bénéficié de la présence de nombreuses bases aériennes dans un voisinage relativement proche du théâtre des opérations, tout conflit potentiel dans le Pacifique occidental devra être combattu à des distances très semblables à celles parcourues dans le cadre de Operation Enduring Freedom en Afghanistan. Pour mettre les choses en perspective, lors de Operation Enduring Freedom, les forces aéronavales ont souvent accompli des vols à plus de 400 miles nautiques de distance aller, alors que les avions citernes basés au Qatar parcouraient de leur côté plus de 1.100 miles nautiques. Basés à Diego Garcia, les bombardiers américains parcouraient plus de 2.900 miles nautiques à l’aller et autant au retour. Au cours des Operations Desert Storm et Iraqi Freedom, les forces de coalition basées au Koweït ont conduit des missions beaucoup plus courtes. Pour chaque trajet, ceux dont la base était à Riyad parcouraient à peu près 540 miles nautiques et ceux basés au Qatar environ 610 miles nautiques.
La meilleure réponse que pourraient faire l’aéronavale et l’armée de l’air américaines à une menace sur le détroit combinerait les capacités de rapidité de réponse et de projection de force de l’unité du porte-avion de la marine et la capacité de l’armée de l’air à dominer et soutenir le combat, plus particulièrement grâce au potentiel multiplicateur de forces comprenant C4ISR, ravitaillement en vol et aéroportage stratégique. Cette synergie interarmées dote l’armée des Etats-Unis de moyen le plus crédible et le plus efficace de pénétrer un espace de combat aérien proche de la Chine continentale et de le dominer. Alors que les forces navales ont une capacité à se déployer n’importe où qui leur sont propres, elles accomplissent leurs missions au mieux si elles sont utilisées combinées aux forces aériennes américaines qui ont besoin de bases fixes pour agir. Pour des actions sur et autour de Taiwan, les Etats-Unis peuvent espérer utiliser leurs bases dans le voisinage d’Okinawa (vraisemblablement la base aérienne de Kadena, située à environ 350 miles nautiques de Taipei), (cf. fig.) et celle plus distante de Guam (probablement la base aérienne d’Andersen, située à environ 1.500 miles nautiques de Taipei), (voir fig.).
![]() Figure. Distances à vol d’oiseau de Taipei |
Ne compter que sur deux opportunités pourrait entraver les opérations américaines au soutien de Taiwan ; les stratèges américains préfèrent disposer d’options plus nombreuses. Alors que la plupart des observateurs s’accordent à penser que l’armée américaine dominerait dans un conflit contre l’armée de la RPC, la RPC pourrait très sérieusement réduire les options américaines en tenant l’armée américaine à distance de la bataille en leur refusant l’utilisation des bases voisines, les empêchant ainsi d’entrer dans le jeu. Les bases de la région donneraient aussi aux décideurs américains plus de flexibilité dans le type de réponse à apporter pour contrer une provocation de la RPC. Etant donné les progrès accomplis par les services ISR de la RPC, les décideurs chinois pourraient décider d’agir tandis que les forces aéronavales américaines sont occupées à d’autres problèmes ou tout simplement déployées dans d’autres régions du Pacifique. La RPC gagnerait une liberté d’action considérable en se mettant en mouvement contre Taiwan alors que les porte-avions américains croisent à 14 ou 16 jours de là, au lieu de seulement trois jours et demi quand ils sont déployés dans les régions avoisinant le Japon. En utilisant la structure de force expéditionnaire air/espace, les composantes de l’armée de l’air américaines basés à terre, dont l’efficacité va croissant, pourraient combler la brèche de vulnérabilité et réduire la liberté d’action de la Chine en se déployant sur le Pacifique occidental avant que les composantes lointaines de la navale ne fassent route pour Taiwan. 20 En faisant perdre l’option d’utiliser les multiples bases aériennes sur et autour de Taiwan, on obligerait les stratèges américains à compter davantage sur les composantes basées sur les porte-avions, même si on risque en cela de limiter leur disponibilité dans l’éventualité d’autres risques.
L’effort à long terme soutenu par la RPC pour donner forme à l’espace de combat dans le cadre d’un éventuel conflit dans le Détroit de Formose dépendra de ses efforts diplomatiques qu’elle renforce d’une influence économique plutôt que de l’usage direct de ses capacités militaires. La croissance économique de la RPC a accru son influence dans la région et a alimenté la modernisation de son armée. Depuis qu’elle a rejoint l’Organisation mondiale du commerce en 2001, la RPC a soutenu un taux de croissance du PNB (Produit Intérieur Brut) de 7,5 pourcent en 2001, 8 pourcent en 2002, 9, 1 pourcent en 2003,21 et 9,5 pourcent en 2004,22 la mettant au troisième rang des grandes puissances économiques derrière les Etats-Unis et le Japon. L’agence de presse chinoise Xinhua a rapporté en octobre 2004 que le volume total des échanges commerciaux de la RPC excèderait 1,1 trillion de dollars (USD) en 2004 tout en maintenant une balance commerciale excédentaire d’environ 10 milliards de dollars.23 Tandis que la Chine accélérait son intégration économique dans cette région, il s’est avéré que plusieurs de ses partenaires d’échanges commerciaux en janvier 2005 étaient des partenaires et alliés majeurs des Etats-Unis, tels le Japon (pour un tiers des échanges avec plus de 14 milliards de dollars US en commerce mensuel), la Corée du Sud (pour un cinquième, plus de 7,7 milliards de dollars US), Singapour (un septième, plus de 2,2 milliards de dollars US et l’Australie (un neuvième avec 1,8 milliard de dollar US.24
L’influence croissante de la Chine dans la région a jeté un froid sur le soutien au mouvement pour l’indépendance de Taiwan. La RPC a centré le thème officiel de sa diplomatie sur la volonté de se montrer bonne voisine envers les pays voisins (la croissance « pacifique ») en ce nouveau millénaire, bien que la RPC se soit aussi montrée une voisine exigeante. Tout au long de 2004, les dirigeants et diplomates chinois se sont assurés les déclarations de dirigeants de la région du Pacifique (y compris plusieurs de l’Amérique du Sud et Centrale) qui réaffirment leur croyance en une Chine une et condamnent tous mouvements séparatistes provocateurs de Taiwan. Au nombre de ces pays, s’en trouvaient plusieurs qui pouvaient, le cas échéant, apporter le soutien de leurs bases aériennes et logistiques aux Etats-Unis ou à des forces sous commandement américain défendant Taiwan, y inclus Singapour,25 les Philippines,26 le Vietnam,27 l’Australie28 et la Nouvelle Zélande.29
Menant une vaste campagne destinée à isoler le mouvement séparatiste taiwanais, la RPC a contré toute rencontre ou communication des pays de la région du Pacifique avec Taiwan, exerçant une forte pression sur la troisième nation pour l’entendre affirmer son engagement pour la politique d’une seule Chine tout en déclarant son opposition à l’indépendance taiwanaise. Les efforts de la RPC vont des communiqués anodins à l’adresse des anciens ennemis des Etats-Unis comme le Vietnam jusqu’aux déclarations fortes à la presse proclamant officiellement que les alliés traditionnels des Etats-Unis n’avaient pas obligation de défendre la souveraineté de Taiwan.31 Après la rencontre des dirigeants de la RPC et des Philippines sur le commerce bilatéral, l’agence de presse Xinhua News a accumulé les déclarations mettant en exergue le soutien du gouvernement philippin à une politique de la Chine unique32 (les bases aériennes de Manille ne sont qu’à 650 miles nautiques de Taipei).33 Bien que l’armée de Singapour mène une formation bilatérale régulière à Taiwan depuis des années, la RPC a pris pour mire la toute petite nation insulaire lorsque son futur premier ministre y a fait un voyage d’information. Singapour a cédé à l’éloquente pression de la RPC et affirmé fermement son adhésion à une politique de la Chine unique et son opposition à une indépendance taiwanaise faite pour troubler la stabilité de l’Asie orientale.34 De façon compréhensive, la réaction de Taiwan au désaveu de Singapour fut bruyante autant que cinglante.35 Singapour se situe à quelques 1.750 miles nautiques de Taipei et possède une jetée en eaux profondes capable d’accueillir un porte-avion à propulsion nucléaire américain au mouillage.
C’est sur l’Australie, alliée clé des Etats-Unis, que les efforts chinois se sont le plus accentués pour lui faire subir la plus forte pression depuis l’été 2004. La RPC a fait des avances pour obtenir l’accord de l’Australie au cours des entretiens commerciaux d’août 2004 qui se sont tenus à Pékin. Au cours de ces entretiens, Alexander Downer, le ministre des affaires étrangères, a fait savoir que l’Australie n’avait pas vocation à défendre Taiwan. Aussitôt, le premier ministre de l’Australie a assuré au monde que l’Australie respecterait ses obligations liées au traité de l’Anzus (Australie, Nouvelle-zélande, Etats-Unis).36 Malgré ces assurances, le gouvernement australien a rejeté la requête d’un ministre d’état taiwanais pour une visite le mois suivant, ce qui indique clairement l’importance que Camberra prête à ne pas irriter le partenaire commercial potentiel qu’elle voit en la RPC.37 En février 2005, l’Australie a également fait savoir qu’elle ne s’opposerait pas à la levée de l’embargo sur les armes contre la RPC proposée par l’Union Européenne.38
Prenant une position des plus assurées face à l’Australie, la RPC, par la voix de son directeur général des affaires de la Région Amérique du Nord/Océanie, a rappelé sans ambages à l’Australie en mars 2005 d’avoir à « faire attention » à la façon dont elle appliquera le traité de l’Anzus dans le cadre d’un conflit potentiel RPC-Etats-Unis sur Taiwan. Le premier ministre australien, John Howard, l’un des plus fervents alliés du président américain George Bush, a mis en forme une réponse toute en subtilité, laissant entendre que l’Australie soutiendrait les Etats-Unis en cas de conflit sur Taiwan, mais minimisant la responsabilité de l’Australie en affirmant qu’un tel conflit était improbable.39
La voix la plus amicalement ouverte aux projets américains est venue du gouvernement japonais, qui, en février 2005, a rejoint les Etats-Unis en avançant que le premier « objectif stratégique commun » était la sécurité du détroit de Formose. Bien qu’officiellement évasif quant à la résolution du désaccord, le changement nippon survienne à un moment où le Japon a exprimé son désir de se développer au-delà sa position mineure (allusion à son statut post Seconde guerre mondiale) pour prendre un rôle plus important dans la région. Bien que la Chine demeure l’un des partenaires commerciaux les plus importants du Japon, la montée en puissance assurée de la RPC, qui se combine avec les opérations de provocation de la Corée du Nord, a éloigné le gouvernement japonais de sa traditionnelle position pacifiste. Contrairement à de nombreux pays asiatiques qui redoutent encore la renaissance du Japon, Taiwan s’est montré plus réceptive à l’aide japonaise pour contrebalancer la pression de la RPC.40 La déclaration commune Etats-Unis/Japon, si elle a provoqué une critique sévère de Pékin, a montré la volonté du Japon de soutenir les Etats-Unis dans leur défense de Taiwan.41
Pour empêcher la RPC d’empiéter sur les options militaires des Etats-Unis, les dirigeants américains doivent suivre la ligne de Sun-Tzu et contre-attaquer la stratégie de la RPC. Les Etats-Unis devraient engager des relations avec les autres pays de la région pacifique en sus du Japon, et utiliser les instruments diplomatique, économique et de renseignement de leur souveraineté nationale pour leur conserver leur viabilité et souplesse militaires. La Chine a pris l’avantage sur les Etats-Unis grâce à sa vaste campagne à l’encontre de Taiwan avec les autres pays. Toute stratégie en réponse doit nécessiter une approche de politique intérieure, interorganisationnelle et multilatérale. L’outil économique peut s’avérer le plus difficile à utiliser dans la région pacifique, compte tenu de la proximité de la Chine et de son potentiel de croissance. Il se peut que les Etats-Unis ne veuillent pas limiter la croissance économique chinoise, dans la mesure où elle peut fournir un nouveau marché aux affaires américaines et un bon levier pour maintenir les relations avec la population chinoise.
La politique étrangère des Etats-Unis dans la région du Pacifique occidental dépend de l’équilibre donné à des nécessités de concurrence, souvent contradictoires et nuancées. Tout en ayant l’air de soutenir les prétentions de la RPC sur Taiwan en reconnaissant qu’il « n’y a qu’une Chine et que Taiwan fait partie de la Chine »,42 les Etats-Unis continuent de tempérer les prétentions de la RPC en restant attachés au Taiwan Relations Act de 1979 pour rechercher une résolution acceptable pour les deux parties et pacifique de cette impasse et en résistant à la coercition de la RPC pour fixer le futur de Taiwan. De même, les Etats-Unis reconnaissent que la puissance économique croissante de la Chine continentale, utilisée à bon escient, peut être une force positive pour faciliter le développement économique de la région et encourager des réformes démocratiques internes à l’intérieur même de la RPC.
Cependant, les Etats-Unis sont restés sceptiques quant à la capacité de la Chine à instaurer des réformes démocratiques et voient en la RPC tantôt un partenaire stratégique, tantôt une menace potentielle pour la région. Bien que les Etats-Unis aient encouragé l’économie prospère de la Chine, la croissance économique alimente la puissance militaire de plus en plus menaçante de la RPC, permettant ainsi à la RPC de menacer Taiwan d’une réunification forcée. Pour contrebalancer cette menace, les Etats-Unis ont tenté de calibrer subtilement leurs ventes d’armes pour conserver une relation stable sur l’ensemble du détroit – ne fournissant ni trop d’armes (Taiwan pourrait paraître menaçante) ni trop peu (ce qui laisserait les taiwanais à la merci de la RPC).43 Au plan plus local, tandis que les liens de plus en plus étroits que tissent les économies de la RPC et de Taiwan semblent alléger la menace de conflit pesant sur deux rives du détroit de Formose, le débat sur l’indépendance de Taiwan a agacé les dirigeants de la RPC et maintenu de fortes tensions.
La position intransigeante de la RPC sur Taiwan s’oppose aux autres relations qu’elle entretient avec les Etats-Unis. Depuis 2004, les dirigeants de la RPC ont délibérément cherché à éviter les confrontations avec les Etats-Unis, mettant l’accent sur leur propre attachement à développer et faire prospérer la région pacifiquement. La seule exception à cet assouplissement de la politique de l’« essor pacifique » porte sur le rattachement de Taiwan.44 Pour s’assurer de son intégrité territoriale sur Taiwan, la RPC a utilisé et continuera à utiliser son influence économique croissante pour défier les relations américaines et constituer ses propres alliances. Elle a déjà utilisé son influence pour forcer les alliés traditionnels des Etats-Unis à prendre leurs distances par rapport à un soutien (ou même à l’idée d’un soutien) à l’indépendance de Taiwan. La réaction cinglante de la RPC aux déclarations récentes du Japon soutenant une résolution pacifique du problème trans-détroit dément totalement les tentatives actuelles des deux parties de trouver un accord.
A la base, le conflit de Taiwan naît de l’intersection de trois intérêts nationaux divergents. La RPC, faisant reposer sa grande fierté nationale et sa légitimité sur l’unité territoriale, fait de la réunification de Taiwan un but vital à atteindre.45 Taiwan, entité séparée depuis 1949, se voit de plus en plus comme une nation souveraine. Comme développé plus haut, les Etats-Unis ont suivi une ligne subtile, soutenant une politique pour une Chine unique tout en soutenant le gouvernement de Taiwan pour prévenir des opérations militaires agressives venant de la RPC.
Malgré une réticence des deux côtés du détroit de Formose d’avoir recours à la force ces dernières années, on ne peut pas totalement repousser le spectre de la guerre. On spécule sur le fait que la RPC évitera d’alimenter le conflit au détriment de son économie ou alors qu’elle siègera sur la scène internationale pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Malgré la pression qu’ils exercent en faveur de la paix, les chinois ont exprimé l’intensité de leur sentiment nationaliste sur Taiwan en votant la loi anti-sécession en mars 2005,46 ce qui montre bien la volonté de Pékin de suivre une voie légale, diminuant sans doute la possibilité d’une attaque surprise de Taiwan. Pour autant, cette loi donne également aux dirigeants chinois l’autorité pour agir quand ils le jugeront nécessaire. Les décideurs de la politique américaine ne peuvent pas, en conséquence, ignorer le risque d’une réponse / intervention militaire de la RPC ; c’est pourquoi les Etats-Unis doivent rester prêts à utiliser leurs options militaires.
Dans ce contexte d’équilibre, les efforts diplomatiques et de renseignements américains devraient constituer les éléments les plus utiles du pouvoir national américain pour contrer les initiatives de la RPC. Toutes stratégies des Etats-Unis devraient mettre en lumière la croissance de Taiwan en tant que démocratie en pleine santé et mettre l’accent sur le droit des taiwanais à l’autodétermination. Le second discours inaugural du président Bush a fait un appel clair à la liberté dans le monde. Les Etats-Unis devraient inviter les autres démocraties à soutenir pacifiquement mais fermement les efforts de Taiwan à exercer sa propre démocratie. Ces efforts pourraient s’avérer très efficaces en Australie, au Japon et en Corée du Sud, compte tenu du ferme attachement de ces pays à la liberté et feraient tâche d’huile parce que chacun de ces pays se lèverait pour soutenir une démocratie sœur.
On pourrait utiliser l’antipathie historique des vietnamiens à l’égard de la domination chinoise pour renforcer la relation avec les Etats-Unis. Même si le Vietnam n’est pas un allié naturel des Etats-Unis du fait de l’autoritarisme de son gouvernement et de son antipathie persistante suite à son long combat pour l’indépendance, on pourrait persuader le Vietnam de travailler avec les Etats-Unis pour conserver un bon équilibre de pouvoir et d’influence dans la région. Le Vietnam est déjà entré en conflit avec la Chine à propos des droits sur les Îles Spratly et on pourrait s’attendre à voir ce pays renâcler sous l’influence d’une Chine plus puissante. Le dégoût bien alimenté du Vietnam pour la domination chinoise pourrait s’avérer plus grand que sa colère à l’encontre des Etats-Unis à cause de la deuxième guerre d’Indochine.
Les Etats-Unis ne peuvent pas davantage ignorer leurs relations avec les Philippines, relations qui se sont renforcées au cours de la guerre globale contre le terrorisme (GWOT). En septembre 2004, le président Philippin, madame Gloria Arroyo, a parfaitement défini l’équilibre nécessaire aux Etats-Unis pour commercer dans la région quand elle a exprimé le désir de son pays de maintenir sa relation de sécurité avec les Etats-Unis tout en développant des liens économiques avec la RPC. Les efforts des Etats-Unis dans la GWOT ont rencontré une bonne volonté certaine aux Philippines et doivent encore influencer cette bonne volonté en mettant l’accent sur leur attachement à la stabilité de la région et à l’autodétermination de Taiwan pendant que se développent leurs propres liens économiques dans l’archipel.
Alors que l’alliance Etats-Unis/République de Corée demeure un rempart de la politique de défense des deux pays, s’assurer l’assistance garantie de la Corée du Sud envers Taiwan serait problématique. De façon compréhensive, la politique étrangère de la Corée du Sud est axée sur sa voisine du nord. La Corée du Sud ne veut pas gâter ses relations avec la RPC, dans l’espoir que les chinois puissent exercer une influence positive sur Kim Jong Il et la Corée du Nord. En tant que puissance régionale en croissance et dans son bon droit, les Sud-coréens seront réticents à s’aligner avec les japonais (du fait de la longue animosité née de l’occupation japonaise en Corée) sauf à ce qu’ils perçoivent une menace plus pressante de la Chine. Ces facteurs posés, il semble peu probable que les Etats-Unis obtiennent un engagement ferme des Sud-coréens pour utiliser leurs bases pour défendre Taiwan.
Concernant Singapour et l’Australie, les Etats-Unis doivent développer des liens déjà forts pour que ces deux pays ne soient pas isolés par la Chine au seul plan des problèmes économique. Les Etats-Unis demeurent un partenaire de premier plan en matière de commerce avec chacun de ces pays mais ont également renforcé les relations de sécurité avec eux, particulièrement depuis le 11 septembre 2001. Les deux pays sont tout dévoués à la stabilité de la région et à l’autodétermination démocratique. La RPC a déjà initié une approche diplomatique très maladroite avec ces deux fiers pays. Les Etats-Unis devraient renforcer leurs solides relations militaires et économiques en renouvelant leurs efforts diplomatiques et de renseignements pour rassurer l’Australie et Singapour et créer une alternative raisonnable et viable face à une RPC trop agressive.
La meilleure des réponses que l’on puisse opposer à la tactique chinoise viendra simplement de reconnaître leur stratégie. Les décideurs politiques américains devraient moins se concentrer sur la croissance de l’APL et se rendre compte que la Chine a le pouvoir de limiter la force de frappe américaine sans tirer un coup de feu. Ils devraient mettre en oeuvre une stratégie globale et multilatérale (diplomatie, renseignement, armée, économie) pour conserver une force de frappe viable et crédible tout en continuant d’équilibrer les désirs américains de faire progresser la RPC dans ses réformes démocratiques et économiques. Enfin, les dirigeants de Taiwan devraient prendre conscience que l’engagement américain dans la défense de Taiwan ne se fera pas sans condition et que leur capacité d’intervention n’est pas sans limites. L’attaque de la stratégie de la RPC peut permettre aux Etats-Unis de soumettre son ennemi sans combattre et permettre une résolution pacifique du conflit entre la Chine et Taiwan.
1. Pour un point de vue intéressant sur la façon dont les dirigeants de la RPC peuvent utiliser une pensée différente sur leurs choix et leurs méthodes stratégiques dans le Pacifique occidental, voir David Lai, Learning from the Stones: A Go Approach to Mastering China’s Strategic Concept, Shi (Carlisle Barracks, PA: US Army Strategic Studies Institute of the US Army War College, mai 2004), 28–31, http://www.carlisle.army.mil/ssi.
2. Le terme Tactique est définie par Merriam-Webster comme « un mouvement calculé ».
3. Ministre de la défense, FY 04 Report to Congress : Annual Report on the Military Power of the People’s Republic of China (FY04 Rapport au Congrès : Rapport annuel sur la puissance militaire de la République Populaire de Chine), 28 mai 2004, 1, http://www.defenselink.mil/pubs/d2004 0528RPC.pdf.
4. David Lai et Christopher Jones, "An Airpower Perspective on the China-Taiwan Tug of War" (Une perspective de puissance aérienne sur la lutte Chine-Taiwan), (manuscript non publié, US Air War College, Maxwell AFB, AL, July 2004), 18.
5. Sergio Coniglio, "China’s Aviation—A Military and Industrial Perspective" ("L’aviation de la Chine : Perspective militaire et industrielle", Military Technology, novembre 2004, 2.
6. "Chinese Airfields—An Overview" (Les bases aériennes chinoise – Vue
d’ensemble), GlobalSecurity.org,
http://www
.globalsecurity.org/military/world/china/airfield-over view.htm
(accès le 27 mars 2005).
7. Bernard Cole, "A Chinese Naval Assault against Taiwan: Capabilities and Prospects" (Attaque navale de la Chine contre Taiwan : capacités et perspectives d’avenir), (ouvrage présenté lors de la Cinquième Conférence de la National Defense University – NDU – sur la sécurité nationale et la stratégie militaire (National Defense University, République de Chine, 2005).
8. Richard L. Russell, "What If . . . ‘China Attacks Taiwan!’. (Et si la Chine attaquait Taiwan ?) "Parameters 31, no. 3 (Automne 2001): 81
9. Cole, "Chinese Naval Assault" 274. (Assaut naval de la Chine)
10. DOD, FY 04 Annual Report (Rapport annuel), 49.
11. Lacy H. Bartee, "Possible U.S. Navy Responses to People’s Republic of China Military Action against Taiwan" (Les réponses américaines possibles à une opération militaire de la République Populaire de Chine contre Taiwan), (thèse de maîtrise, US Army Command and Staff College, Fort Leaven-worth, KS, 2 juin 2000), 68–73.
12. Russell, "What If . . . ‘China Attacks Taiwan!’ " 80–82. (Et si la Chine attaquait Taiwan ?)
13. Piers M. Wood et Charles D. Ferguson, "How China Might Invade Taiwan" (Comment la Chine pourrait envahir Taiwan), Naval War College Review 54, no. 4 (Automne 2001): 58.
14. C’est pourquoi les discussions dans cet article porteront sur le rayon d’action des avions requis pour des opérations sur Taiwan, et non sur la Chine continentale.
15. L’armée américaine est intervenue en 1950 pour empêcher les avancées de la RPC lors du début du conflit coréen, en 1958 pour prévenir les tentatives de la RPC de prendre les îles du détroit de Formose et à nouveau en 1995–96 pour contrer les essais de missiles et les exercices militaires. David Lai, "The China-Taiwan Question: A Tug of War" (La question Chine-Taiwan), (manuscript non publié, US Air War College, Maxwell AFB, AL, 2003), 1–37.
16. DOD, FY 04 Annual Report (Rapport annuel), 47.
17. Selon Bartee, ces temps de déploiement s’échelonnent de trois jours et demi pour un porte-avion mouillant au Japon à 16 jours et demi pour les porte-avions mouillant sur la côte ouest des Etats-Unis. "Possible U.S. Navy Responses" (Les réponses possibles de la marine des Etats-Unis).
18. On a dénombré près de 4.700 sorties pour Operation Enduring Freedom. Robert S. Tripp et al., Supporting Air and Space Expeditionary Forces: Lessons from Operation Enduring Freedom (Assistance des forces expéditionnaires de l’air et de l’espace : des leçons à tirer de Operation Enduring Freedom) RAND MR-1819-AF (Santa Monica, CA: RAND, 2004), 13, http://www.rand.org/publications/ MR/MR1819/ (accès le 26 Mars 2005). Sur plus de 417 millions de gallons de fuel (1gallon US = 3,875 litres) déchargés pour Operation Iraqi Freedom, plus de 376 millions l’ont été par des navires ravitailleurs de l’armée de l’air américaine. T. Michael Moseley, Operation IRAQI FREEDOM—By the Numbers (Les chiffres,) (Shaw AFB, SC: USCENTAF, Combined Forces Air Component, Assessment and Analysis Division, 30 avril 2003), 7–8.
19. « Les Etats-Unis ont lancé à peu près 6.500 missions de frappe aérienne et lâché environ 17.500 munitions. Environ 57 pourcent des armes lâchées étaient des armes intelligentes. La marine américaine a assuré 4.900 des missions de frappe aérienne sur les 6.500 sorties, mais livré seulement 30 pourcent de l’intendance. L’armée de l’air américaine n’a assuré que 25 pourcent des sorties pour des missions de frappe aérienne, mais livré plus de 70 pourcent de l’intendance utilisée. » Anthony H. Cordesman, The Ongoing Lessons of Afghanistan : Warfighting, Intelligence, Force Transformation, and Nation Building (Les leçons en cours de l’Afghanistan : l’art de la guerre, le renseignement, la transformation de l’armée et la construction d’une nation). (Washington, DC: Center for Strategic and International Studies, 6 May 2004), 26–28, 85, http://www.csis.org/burke/hd/reports/ afghanlessons.pdf (accès le 22 février 2005). Voir aussi Tripp et al., Supporting Air and Space Expeditionary Forces (En support des forces expéditionnaire aérienne et spatiale); et John Mazach, "The 21st-Century Triad: Unconventional Thinking about the New Realities of Conventional Warfare" (La triade du XXIème siècle : une réflexion originale sur sur les nouvelles réalités de la guerre conventionnelle), Seapower, Mars 2002.
20. En effet, les composantes de l’armée de l’air américaine ont fait la démonstration de leurs aptitudes dans cette zone au cours de Exercice Resultant Fury ’05, une démonstration faite en novembre 2004 au cours de laquelle les bombardiers de l’armée de l’air ont étalé leur capacité de contre-offensive maritime dans le Pacifique occidental.
21. "Economic Data" (Données économiques), Economist, 13 Mai 2004, http://www.economist.com/countries/China/profile.cfm?folder=Profile%2DEconomic%20Data (accès le 18 février 2005).
22. Chan Chao Peh, "Case Stories: Challenges, Lessons and Opportunities" (Cas exemplaires : defies, leçons et opportunités), Edge (Singapore), 31 janvier 2005.
23. "Official: China Trade Volume to Reach 1.1 Trillion US Dollars in 2004" (Officiel : Le volume commercial de la Chine près d’atteindre 1,1 trillion de dollars US en 2004), Xinhua General News Agency, 25 octobre 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=fc144e6c5b2b3b38e264a23fb7da583e&_docnum=2&wchp=dGLb Vzb-zSkVb&_md5=d6684bca9cb8b97630cff7b2b140de3f.
24. "Figures: Top Ten Trade Partners of China’s Mainland, January 2005" (Chiffres : les dix premiers partenaires commerciaux de la Chine continentale, Janvier 2005), Xinhua News Service, 26 mars 2005, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=ed410ccb53ace88796e686e8e3f7daa8&_docnum=1&wchp=dGLbVzb-zSkVb&_md5=e35e3b1514ab14403913de5d3a4f7fec.
25. Jason Leow, "Beijing Notes Singapore’s One-China Policy; Chinese Official Acknowledges PM Lee’s Opposition to Taiwan Independence; Warns Nations to Stay Away from Taiwan" (Pékin note la politique de la Chine unique de Singapour ; un membre du gouvernement chinois prend acte de l’opposition du membre parlementaire Lee à l’indépendance de Taiwan ; informe les pays d’avoir à se tenir à l’écart de Taiwan), The Straits Times (Singapore), 26 août 2004.
26. "Chinese, Philippine Foreign Ministers Discuss Relations over Phone" (Les ministres des affaires étrangères chinois et philippin s’entretiennent au téléphone sur leur relations), New China News Agency, 21 novembre 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m =8b5726186b5e3c9a8bc15200260b9ce3&_docnum= 2&wchp=dGLbVzb-zSkVb&_md5=48309bf9d4e62fa1c859d94e08669dde.
27. "Chinese Premier Hopeful of Smooth Development of Ties with Vietnam" (Le premier ministre chinois espère développer des liens souples avec le Vietnam), Xinhua News Service, 7 octobre 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=31aa253f6ec902fd79b6f705056cc5d7&_docnum= 1&wchp=dGLbVzb-zSkVb&_md5=1b87507bb851320ea90bbb22141cc1ce.
28. Ted Galen Carpenter, "Outside View: Asia’s Message to Taiwan, US" (Point de vue extérieur : le message de l’Asie à Taiwan), United Press International, 22 septembre 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=1d0ee9a92353a7f492952f3a233d8c61&_docnum= 1&wchp=dGLbVzb-zSkVb&_md5=42fcf4fdeb0ea488ff23f1f50829c4bb.
29. Zhao Huanxin, "Hu Meets Leaders on Taiwan Question" (Hu rencontre les responsables sur la question taiwanaise), China Daily, 22 november 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=decc099b94bed46e5a65f28afb8edee8&_docnum=1&wchp=dGLbVzb-zSkVb&_md5=04554957e2d1fb8d5d207bb46e8ddad6.
30. "Chinese Premier Hopeful" (Premier ministre chinois optimiste). A titre d’exemple, les bases aériennes vietnamiennes près de Hanoï seraient à 900 miles nautique de Taipei.
31. "Taiwan Tensions: Foreign Powers Have Good Reason to Worry about War" (Les tensions à Taiwan : les gouvernements étrangers ont tout lieu craindre la guerre), Financial Times, 24 août 2004, 16.
32. Emerson T. Lim and Lilian Wu, "Philippine President Meets Taiwan
Official in Chile" (Le président des Philippines rencontre un membrer du
gouvernement Taiwanais au Chili), Central News Agency, Taipei, 22
novembre 2004,
http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=d0686d85219a5228ba680eadec7ab7b6&_docnum=1&wchp=dGLbVtz-zSkVA&_md5=f0f21c7d04222c8a369d5b0794bd8574;
"Philippines Want Stronger Ties with China" (Les Philippines entendent
renforcer leurs liens avec la Chine), United Press International, 8
septembre 2004,
http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=9397ae74fee9cf09c77a77f133981659&
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et "Premier Wen Jiabao Looking Forward to Prime Minister Lee’s Visit" (Le
premier ministre Wen Jiabao impatient de rencontrer son homologue Lee lors de sa
visite), Channel NewsAsia, 2 février 2005,
http://www.channelnews
asia.com/stories/singaporelocalnews/view/130485/1/.html.
33. Pour cette argumentation, la distance à la capitale de chacun des pays est donnée à titre d’exemple et non pas à partir de bases aériennes spécifiques.
34. "Chinese, Singaporean Foreign Ministers Praise Ties, Tsunami Cooperation" (Les ministres des affaires étrangères chinois et de Singapour se félicitent de leurs liens et de leur coopération face au tsunami), New China News Agency, 2 février 2005, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=cb07f8a16c55243c2663cac01be8228b&_docnum=3&wchp=dGLbVtz-zSkVA&_md5=659070a6aa46bac987dd0b284b0a8189; "Visit an Icebreaker in Singapore Ties" (Visite d’un brise-glace – nos relations avec Singapour) South China Morning Post, 4 février 2005, News sec., 7; "Singapore Foreign Minister Warns Asia-Pacific Stability at Stake" (Le ministre des affaires étrangères de Singapour lance un avertissement sur la stabilité de la région Asie-Pacifique), Deutsche Presse-Agentur, 4 octobre 2004, http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=76984eb8c701ded0ea4f223c5aac9c07&_docnum=1&wchp=dGLbV tz-zSkVA&_md5=754b2cb700a0dc7ecd5ad04862ba93cd; "Singapore Believes China Will Not Use Force against Taiwan" (Singapour ne croit pas à l’utilisation de la force par la Chine à l’encontre de Taiwan), Kyodo News Service, 1 février 2005, http://www.findarticles.com/p/articles/mi _m0WDQ/is_2005_Feb_7/ai_n9495322; Leow, "Beijing Notes; "Lee Says His Taiwan Visit of Nation’s Interests" (Lee fait part des intérêts de sa nation dans sa visite à Taiwan), Bernama, Malaysian National News Agency, 22 août 2004 http://web.lexis-nexis.com/universe/document?_m=e8c093a6d64f341bea7d6738ad911b28&_docnum= 1&wchp=dGLbV tb-zSkVA&_md5=67430a7b3cda639de1c2d81758bda41e; et Zuraidah Ibrahim, "S’pore, China Talk Bilateral Trade and Economic Ties" (Singapour, Chine : liens commerciaux et économiques bilatéraux) ; PM Lee et Wen Jiabao Hold "a ‘Good Discussion’ before ASEAN Summit" (Les premiers ministres Lee et Wen Jiabao se sont entretenus longuement avant le sommet de l’ASEAN - Association des Nations de l’Asie du Sud-est), Straits Times (Singapore), 29 novembre 2004.
35. "Flag-Burning Protesters in Taiwan Call Singapore Evil Neighbour" (A Taiwan, des contestataires brûlent des drapeaux et traitent Singapour de mauvais voisin), Straits Times (Singapore), 2 octobre 2004.
36. Parmi ces obligations, se trouve celle d’assister les Etats-Unis dans le Pacifique "Taiwan Tensions" 16.
37. Nick Bryant, "Taiwan’s Strait Jacket" (La camisole de force du détroit de Taiwan – Formose), National Business Review (New Zealand), 10 spetembre 2004, 24.
38. "UPI Hears . . ." United Press International, 14 février 2005, http://www.washtimes.com/upi-breaking/200502 14-103545-8660r.htm.
39. "PM to Side with US in China Row" (Le premier ministre se rangerait aux côtés des Etats-Unis dans la querelle chinoise), Mercury (Tasmania, Australia), 16 mars 2005.
40. La domination coloniale du Japon sur Taiwan fut beaucoup plus bienveillante qu’ailleurs, ce qui explique peut-être l’affection que portent de nombreux taiwanais aux japonais.
41. Anthony Faiola, "Japan to Join U.S. Policy on Taiwan; Growth of China Seen behind Shift", Washington Post, 18 February 2005, A01. (Le Japon rejoindrait les Etats-Unis sur la politique taiwanaise ; il craint l’expansion chinoise derrière le changement)
42. United States Information Service, Joint Communiqué of the United States of America and the People’s Republic of China, (Communiqué commun des Etats-Unis d’Amérique et de la République Populaire de Chine) 28 février 1972, 28–40.
43. Les Etats-Unis tour à tour travaillent à convaincre les taiwanais de prendre les mesures nécessaires à leur propre défense, et participent au poids de la défense.
44. Robert Sutter, China’s Peaceful Rise and U.S. Interests in Asia—Status and Outlook (L’essor pacifique de la Chine et les interêts américains en Asie – Statut et point de vue) (Honolulu, HI: Pacific Forum, Center for Strategic and International Studies, 24 juin 2004), http://www.csis.org/pacfor/pac0427.pdf (accès le 26 mars 2005).
45. La RPC a clairement exposé sa position au fil du temps, dans des documents tels que RPC, White Paper—The One China Principle and the Taiwan Issue ( le Livre Blanc – Le principe de la Chine unique et la question taiwanaise), (Paper, Taiwan Affairs Office and the Information Office of the State Council, 21 février 2000), http://www.chinaconsulate.se/Content/Taiwan/whitepaper1.htm (accès le 25 mars 2005); et RPC, 8-Point Proposition Made by President Jiang Zemin on China’s Reunification (paper, RPC embassy in the USA, 30 janvier 1995), http://www.china-embassy.org/eng/zt/twwt/t36736.htm (accès le 25 mars 2005).
46. Anti-Secession Law (Loi anti-sécession), Xinhua News Service, 14 mars 2005, http://www.china.org.cn/english/2005lh/122724.htm (accès le 17 juin 2005). Le 13 mars 2005, le parlement de la Chine Populaire a réaffirmé son attachement à la réunification de la Chine par une loi anti-sécession adoptée lors de la Troisième session du dixième.
Collaborateur
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Colonel Lawrence M. Martin Jr. (USAFA ; MA, University of Nebraska–Lincoln ; MASS, Air War College) est officier de liaison du US Transportation Pacific, Camp Smith, Hawaii. En 20 ans de carrière, il a servi dans divers corps aérien, de personnel et à des postes de responsable, dont chef d’état major, Senior Officer Matters, état major AMC (Air Mobility Command), Scott AFB, Illinois ; commandant, 350th Air Refueling Squadron, McConnell AFB, Kansas ; professeur assistant au département d’histoire, US Air Force Academy, Colorado; et chief of tactics/evaluator pilot, 50th Tactical Airlift Squadron, Little Rock AFB, Arkansas. Il est pilote de commandement et totalize plus de 3.300 heures de vol à bord des appareils C-130, UV-18B, et KC-135. Le Colonel Martin a obtenu son diplôme du Air War College avec mention très honorable. C’est aussi un éminent diplômé du US Marine Corps Command and Staff College, Quantico, Virginia, et de la Squadron Officer School, Maxwell AFB, Alabama. |
Les points de vue et les opinions exprimés ou implicites dans cette revue sont ceux des auteurs et ne devraient pas être interprétés comme portant la sanction officielle du département de la défense, de l’armée de l’air, du commandement de l’éducation et de la formation des forces aériennes, de l’Air University, ou d’autres agences ou départements du gouvernement des Etats-Unis.
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