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Document crée le 1 mai 07
Air
& Space Power Journal en français - Été 2007
Origines de l’armée de l’air royale du Bahreïn
par le colonel Hamad Abdulla Al-Khalifa, commandant de la force aérienne royale de Bahreïn
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Résumé de l’éditeur : Le colonel Al-Khalifa nous décrit brièvement l’évolution de la jeune et dynamique force aérienne du Royaume de Bahreïn. |
![]() Figure. Sites des bases de l’armée de l’air royale du Bahreïn |
Bien que le Royaume du Bahreïn soit un petit pays, géographiquement parlant, un certain nombre de caractéristiques lui ont permis de devenir une des nations les plus progressistes au Moyen Orient et en Asie. A cause de sa situation unique et de son statut industriel, beaucoup de banques et de sociétés internationales ont décidé de faire de Bahreïn le centre de leurs opérations au Moyen Orient. Le pays possède en outre des ressources naturelles, comme le pétrole et le gaz naturel, et accueille des exploitations industrielles comme une usine pétrochimique, une fabrique d’aluminium, une cale-sèche pour la maintenance de navires et des raffineries de pétrole. Qui plus est, les citoyens bahreïniens – ressource humaine du pays – sont très compétents dans toutes les professions associées à ces activités et sont capables de protéger les ressources de leur pays et de préserver sa liberté. Une force militaire dévouée et compétente composée de citoyens du Bahreïn assure la sécurité de ces actifs et la défense du pays.
L’armée de défense du Bahreïn, créée en 1968, comprend une armée de l’air moderne, une infanterie et des forces navales. En 1974 pour se développer, l’armée de l’air du Bahreïn envoya dans un premier temps beaucoup de son personnel dans des pays amis, pour recevoir une formation en pilotage et en maintenance d’avions. L’armée de l’air acheta en même temps des avions à réactions, et tout l’équipement nécessaire au support et autres matériels indispensables. Quand ce matériel commença à être livré au Bahreïn, les équipages navigants et de maintenance terminaient leur formation à l’étranger. Ces évènements conclurent avec succès le premier stade de l’instauration de l’armée de l’air et nombreux autres développements suivirent rapidement.
En 1976, l’Armée de l’air établit une escadrille à la base aérienne de Rifa (voir fig.) comportant une modeste flotte de 4 hélicoptères Bo-105 fabriqués en Allemagne1. Les opérations ont commencé rapidement et du fait de la situation du Bahreïn, ces appareils se révélèrent essentiels pour beaucoup de missions de recherche et sauvetage. En 1978, 12 hélicoptères AB-212 Twin Huey d’Agusta Bell vinrent s’ajouter à l’escadrille. Etant donné que les pilotes et techniciens étaient déjà qualifiés et préparés à voler sur ces appareils, les opérations commencèrent dès que les équipages se joignirent à l’escadrille. Ces hélicoptères furent associés à des plateformes de pays voisins et d’autres forces amies à l’occasion de plusieurs opérations de recherche et sauvetage locales ou régionales et d’exercices d’entraînement, y compris au sauvetage de personnel de la marine des Etats-Unis après une attaque missile sur le USS Stark pendant la guerre Irak-Iran.
![]() Chasseurs à réaction |
Au moment de la formation de l’armée de défense et de l’introduction de plusieurs systèmes d’armes, les officiels bahreïniens reconnurent l’importance de posséder des chasseurs à réaction capables de défendre l’espace aérien du pays. Bahreïn acquit donc en 1985 le F-5, meilleur chasseur à réaction d’exportation disponible et forma le 6ème Escadron de chasse de la base aérienne de Muharraq (voir fig.). Les équipages des pilotes et techniciens bahreïniens avaient suivi simultanément l’entraînement et se préparèrent à mener les opérations à l’arrivée des chasseurs. Cette jeune armée, appelée au début Bahreïn amiri Air Force, conduisit des opérations d’hélicoptères et de chasseurs et commença à construire la base aérienne de Shaikh Isa (voir fig.), qui allait devenir une des bases les plus importantes de la région.2 Lorsque les pilotes et les techniciens maîtrisèrent les opérations de F-5, ils commencèrent un entraînement sur F-16, chasseur encore plus moderne. Les F-16 arrivèrent en 1990, et la base aérienne de Shaikh Isa fut ouverte au sud de Bahreïn. L’année suivante, ces nouveaux F-16 bahreïniens et les F-5 participèrent à la guerre de libération du Koweït.
Le rôle de l’entraînement dans la préparation des membres de l’armée de l’air du Bahreïn est fondamental pour faire fonctionner les systèmes modernes qu’ils emploient ; on créa donc l’Institut technique de l’armée de l’air royale du Bahreïn afin d’instruire à tous les niveaux, depuis les matières de base jusqu’aux cours techniques les plus poussés, nécessaires pour posséder les compétences spécialisées. L’Institut offre également des cours de préparation aux officiers et autres membres, en vue de formations à l’étranger. Par exemple, pour continuer à développer et préparer ses futurs dirigeants de haut niveau, l’armée de l’air royale du Bahreïn sélectionne chaque année quelques officiers pour suivre des cours spécialisés avancés aux Etats-Unis ; ceci fait partie d’un plan annuel d’entraînement. Certains de ces cours sont offerts par Air University’s Squadron Officer School (Ecole des officiers d’escadre de l’université de l’air), Air Command and Staff College (College du commandement et de l’état major de l’air), et Air War College (College de guerre de l’air), situés à Maxwell en Alabama. En outre, sous le commandement et avec les bénédictions du commandant suprême, Sa Majesté, l’armée de l’air créa l’Unité d’entraînement, qui utilise fréquemment des avions Firefly pour la formation aérienne de base3. L’entraînement avancé inclura bientôt les simulateurs plus sophistiqués BAe Hawk4.
Les exercices forment des esprits réalistes, renforcent l’intégration entre les différents niveaux du commandement et jouent un rôle important dans la préparation et la réussite des opérations ; Bahreïn a par conséquent insisté pour participer à tous les exercices d’entraînement avec ses voisins et autres nations amies. Des exercices comme Peninsula Hawk et Gulf Spears sont effectués chaque année et incluent des forces appartenant aux membres du Conseil de Coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council – GCC), qui partagent le sens de la coopération et des intérêts communs. Bahreïn participe à un autre exercice, Initial Link, qui favorise l’organisation et le management des forces aériennes du GCC, des Etats-Unis et d’autres nations amies. Bahreïn se joint également à l’armée de l’air des Etats-Unis dans Blue Flag, un exercice de commandement et contrôle qui a lieu aux Etats-Unis.
Depuis que les forces au sol de Bahreïn se sont équipées des armes les plus modernes et de véhicules blindés, elles ont formé des escadrons d’hélicoptères AH-1 Cobra pour fournir le support aérien direct rapproché à ces forces5. L’année 1994 en particulier vit la formation du 8ème escadron d’hélicoptères, suivi de la création du 9ème escadron d’hélicoptères en 1997, les deux unités volant avec cet important système d’armes. Les Cobras représentent une force de dissuasion significative aux côtés des forces terrestres.
En 1999, à cause d’un besoin de coordination entre l’armée de l’air et les Systèmes de défense aérienne, l’Air Defense Wing (Escadrille de défense aérienne) – consistant en missiles Phase III de HAWK – tomba sous la coupe de l’armée de l’air6. L’escadrille travaille en coordination avec les diverses autres unités de l’armée de l’air pour sécuriser avec compétence et efficacité l’étendue du Royaume. En outre, la disponibilité de radars d’alerte précoce a mené à la formation du Centre des opérations aérienne et de la défense aérienne qui connecte les divers secteurs de l’armée de l’air pendant les opérations aériennes et maintient une liaison permanente avec les centres opérationnels des armées voisines et amies.
L’avion BAe146-RJ85 fut à la base de la création de l’Escadrille mobile de l’armée de l’air royale du Bahreïn à cause de la nécessité de mobilité aérienne7. D’autres appareils de mobilité s’ajouteront dans un proche avenir à l’inventaire de l’unité.
En passant par toutes ces modestes phases de développement depuis le milieu des années 70, l’armée de l’air royale du Bahreïn est devenue une puissance effective dans la région. Les membres fidèles de l’armée de l’air font preuve d’un esprit persévérant et de détermination pour remplir leur devoir national de protéger les actifs culturels de Bahreïn qui se sont accumulés tout au long de nombreuses années d’éducation. Jusqu’à maintenant, le Bahreïn s’est appliqué à offrir à ses citoyens tout ce qui pourrait les aider à réaliser leurs rêves d’une vie libre et riche et contribuer à l’honneur et à la gloire de notre Royaume, en suivant l’exemple de notre principal modèle, sa Majesté le Roi Hamad ben Isa Al-Khalifa, roi de Bahreïn et commandant suprême de l’armée de défense. Dieu le sauve et le protégé ; il a allumé la flamme qui a créé cette armée.
1. Le Bo-105 est un hélicoptère bimoteur fabriqué à l’époque par Messerchmitt-Bolkow-Blohm en Allemagne de l’Ouest. Les armées l’utilisent encore dans le monde entier pour les évacuations sanitaires, en grande partie à cause de sa fiabilité, de la hauteur de dégagement de plus de 2,75 m de son rotor principal et de plus de 2,15m de son rotor de queue. Ses portes – coquille arrières facilitent le chargement et le déchargement.
2. L’armée de l’air royale du Bahreïn s’appelait au départ, armée de l’air amiri du Bahreïn, mais lorsque le Bahreïn est devenu une monarchie, les forces armées ont été renommées en conséquence.
3. Le commandement de l’éducation aéronautique et de l’entraînement de l’armée de l’air des Etats-Unis utilise également le T-3A Firefly, un avion à Hélice qui remplaça le T-41, pour tester les candidats pilotes en les soumettant à des configurations de trafic militaire, aux acrobaties et aux vrilles.
4. Au début de 2003, Bahreïn signa un accord pour six simulateurs d’avion à réaction biplaces BAe Hawk 127, fabriqués par BAe Systems. L’équipe d’acrobatie aérienne des Red Arrows de l’armée de l’air royale britannique a volé sur des appareils de la famille des Hawk dès son entrée en service en 1976. Depuis lors, BAe Systems a construit plus de 800 simulateurs et avions opérationnels et en a exporté un certain nombre vers 15 pays.
5. Le AH-1 Cobra, est une évolution du UH-1 Huey développé à l’origine pour l’armée américaine au milieu des années soixante. Le Cobra original gardait le moteur du Huey, la transmission et d’autres parties majeures mais son fuselage bombé était remplacé par un fuselage à profil fin et une assise en tandem… Les premières missions du Cobra sont l’appui feu rapproché (Close Air Support – CAS) d’hélicoptères, l’escorte d’hélicoptères de transport ou de convois au sol, la reconnaissance armée, l’attaque air-air d’hélicoptères, les opérations anti-navigation et la coordination et le contrôle final d’avion de CAS, d’artillerie, de mortiers et de fusillade navale. Il est le seul hélicoptère d’attaque occidental ayant démontré sa capacité missile air-air et antiradar. "AH-1 Cobra" Global Security.0rg. http://www.globalsecurity.org/military/systems/aircraft/hawk.htm.
6. Le système missile sol-air Homing All the Way Killer (HAWK) « offre une défense aérienne à moyenne portée, aux altitudes basse et moyenne, contre toute une variété de cibles, y compris les appareils à réaction et à voilures tournantes, les drones, les missiles de croisière. C’est un système hautement mortel, mobile, par tout temps, de nuit comme de jour, qui est fiable et efficace contre les contre-mesures électroniques. » "HAWK", GlobalSecurity.org, http://www;globalsecurity.org/space/systems/hawk.htm.
7. Le BAe146-RJ85 est normalement utilisé comme un avion de ligne régional, transportant 70-82 passagers.
Collaborateur
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Colonel Hamad Abdulla Al-Khalifa (BS, King Faisal Air Academy, Arabie Saoudite) est commandant de l’armée de l’air royale du Bahreïn. Il a servi en tant que commandant du tir aérien dans l’Escadre de l’air de Bahreïn, commandant d’escadron de transport et recherche et sauvetage, commandant de l’Escadrille d’hélicoptère et commandant adjoint de l’armée de l’air de Bahreïn . En 1987, il dirigea l’équipe qui sauva en mer cinq personnes de la marine des Etats-Unis après une attaque missile qui atteignit l’USS Stark dans le Golfe Persique. Pendant la guerre de libération du Koweit, il dirigea avec succès l’Escadrille d’hélicoptères pendant des opérations de recherche-et-sauvetage et des patrouilles armées de support aux forces de la coalition. Il a reçu de nombreuses distinctions nationales et internationales en raison de ses contributions militaires. Le Colonel Hamad, qui continue à entraîner beaucoup de nouveaux pilotes d’hélicoptères, fit son éducation militaire de base et sa formation de pilote professionnel d’hélicoptère à l’Oxford Air Training School, au Royaume Uni et ses entraînement d’instructeur et de pilote d’essais à Fort-Worth, Texas. Il est diplômé de la Squadron Officer School and Air Command and Staff College de Maxwell AFB, Alabama. |
Les points de vue et les opinions exprimés ou implicites dans cette revue sont ceux des auteurs et ne devraient pas être interprétés comme portant la sanction officielle du département de la défense, de l’armée de l’air, du commandement de l’éducation et de la formation des forces aériennes, de l’Air University, ou d’autres agences ou départements du gouvernement des Etats-Unis.
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